Creality Falcon A1 Pro : le graveur laser fermé qui vise large

Publié le 13 mars 2026 à 08:52

J'avais déjà eu l'occasion de tester le Creality Falcon A1 à sa sortie, et c'était l'une des rares fois où j'avais formulé une conclusion aussi positive pour un appareil de ce segment. Un rapport qualité-prix convaincant, une prise en main facile, un fonctionnement fiable : il cochait vraiment toutes les cases pour un graveur laser destiné aux makers. Depuis, Creality a sorti une version Pro, et j'ai enfin pu la mettre entre les mains. Voici ce qu'elle apporte, ce qu'elle change, et pour qui elle est réellement adaptée.

Ce que propose le Falcon A1 Pro par rapport au A1

La différence la plus notable entre les deux machines se situe au niveau de la puissance laser. Le A1 standard embarquait une diode de 10 W, le A1 Pro monte à 20 W. En pratique, cela se traduit par une capacité de découpe plus importante sur des matériaux épais comme le bois ou l'acrylique, et une vitesse de travail généralement plus élevée.

Le A1 Pro gagne également deux fonctionnalités absentes sur le modèle de base : l'autofocus automatique et un écran déporté sur le côté de la machine. L'autofocus est particulièrement appréciable au quotidien — il suffit d'appuyer sur un bouton pour que la machine détecte automatiquement la hauteur du matériau et ajuste la mise au point en conséquence. Plus besoin de régler manuellement la distance focale.

En revanche, la surface de travail est légèrement réduite sur la version Pro : on passe de 305 × 381 mm à 268 × 358 mm. Ce n'est pas un écart énorme, mais cela peut faire une différence selon les projets que vous avez en tête. La précision, elle, reste équivalente entre les deux modèles.

Le A1 Pro est également compatible avec un module laser infrarouge de 2 W, disponible séparément ou en kit. Ce module permet de travailler sur des plastiques et certains métaux en mode marquage — une capacité que le A1 standard ne proposait tout simplement pas. Dans la version que j'ai testée, seul le module diode 20 W était présent.

Unboxing et prise en main : une machine prête à l'emploi

À la réception, la machine est livrée entièrement montée et bien protégée dans son emballage. Le contenu de la boîte comprend la machine elle-même, son bloc d'alimentation, le câble secteur, un manuel multilingue (avec le français), l'écran déporté et sa nappe de connexion, ainsi qu'un sachet d'accessoires comprenant notamment la pompe pour l'air assisté, le tube d'évacuation, un pinceau et la plaque de calibration pour la caméra.

Il n'y a strictement aucun montage à réaliser, mis à part connecter l'écran externe via sa nappe et le fixer sur le côté de la machine. Opération de deux minutes. Je note toutefois l'absence de matériaux de test avec codes QR, pourtant présents dans le kit du A1. Ces codes permettent une reconnaissance semi-automatique des matériaux par la machine. Si ce système vous intéresse, il faudra acheter les kits de matériaux séparément.

Construction et sécurité : un laser fermé de classe 1

Le Falcon A1 Pro est un graveur laser fermé, classé classe 1. Cela signifie que lorsque les capots sont bien fermés, il n'y a aucun contact possible entre le faisceau laser et l'utilisateur. Si l'on ouvre le capot pendant l'utilisation, la machine se met automatiquement en pause. C'est une sécurité importante, notamment si vous travaillez dans un espace partagé ou si vous avez des enfants dans votre atelier.

La construction générale inspire confiance : boîtier métal, renforts en acrylique sur les côtés, charnières solides, joints silicone pour l'étanchéité. Ce n'est pas du tout plastique. La caméra intégrée dans le capot dispose d'un cache physique de confidentialité, ce qui est un petit détail bien pensé pour ceux qui préfèrent ne pas laisser un objectif ouvert en permanence vers leur atelier.

La connectique est clairement identifiée sur le panneau latéral : port pour le rotari, tube de l'air assisté, deux USB-C (dont une dédiée à la connexion informatique), alimentation, clé de sécurité physique et bouton marche/arrêt. Un bouton d'arrêt d'urgence est accessible facilement à l'avant de la machine. L'intérieur est entièrement pré-câblé, avec une tête laser préinstallée, un système de retrait rapide pour changer de tête, des rails linéaires pour les mouvements et des courroies réglables. Le fond du caisson peut être retiré pour travailler sur des surfaces plus grandes ou pour utiliser le rotari.

Interface et logiciels : mobile, écran intégré et application PC

La machine peut être pilotée de trois façons : via son écran déporté, depuis l'application mobile Falcon Design Space, ou depuis le logiciel PC du même nom. L'interface de l'écran est en anglais et en chinois uniquement — pas de français pour l'instant. Elle reste néanmoins lisible et fonctionnelle pour les réglages courants : sélection de fichiers (32 Go de mémoire interne), paramètres machine, connexion Wi-Fi, Bluetooth, et réinitialisation.

L'application mobile permet de charger des images, d'utiliser la découpe IA pour supprimer les arrière-plans, de générer une version vectorielle trait d'une photo, et de positionner le design sur une photo de l'espace de travail. Une fois prêt, il faut appuyer sur le bouton physique de la machine pour lancer la gravure — on ne peut pas tout déclencher depuis le téléphone, ce qui peut sembler une petite contrainte mais reste logique d'un point de vue sécurité.

Le logiciel PC reprend les mêmes fonctionnalités dans une interface plus complète, comparable dans sa logique à un LightBurn simplifié. On y trouve la gestion des calques, l'import d'images, la création de texte, et surtout une bibliothèque de matériaux avec des paramètres préréglés pour de nombreux supports. Ces profils sont fonctionnels dès le départ — lors de mes tests, les réglages par défaut pour le contreplaqué 3 mm et l'ardoise ont donné de bons résultats sans aucun ajustement manuel. Il est également possible de créer ses propres profils de matériaux personnalisés.

Une fonctionnalité pratique mérite d'être mentionnée : le remplissage intelligent. En positionnant un modèle sur une pièce, le logiciel peut automatiquement détecter et remplir les autres pièces présentes dans le champ de la caméra avec le même design. Utile pour produire des séries de petits objets gravés en une seule opération.

Les tests en pratique : gravure, découpe, matériaux variés

J'ai réalisé plusieurs tests pour évaluer les capacités réelles de la machine. Sur du contreplaqué 3 mm, la gravure est propre et les paramètres par défaut du logiciel fonctionnent bien. La découpe dans une planche de 6 mm s'est faite sans difficulté particulière. L'acrylique 3 mm se découpe également sans problème, avec un résultat propre une fois le film de protection retiré.

J'ai aussi gravé sur ardoise, ce que j'apprécie particulièrement avec les lasers diode. Le résultat est net, avec un bon contraste. Autre expérimentation que j'aime réaliser : peindre une dalle de céramique en noir, puis graver dessus pour faire ressortir le blanc du support. En jouant sur les niveaux de puissance, on obtient des effets de contraste très satisfaisants. Ces paramètres ne sont pas dans la bibliothèque standard, mais on peut créer un profil personnalisé très facilement.

En termes de niveau sonore, j'ai mesuré environ 60 dB à 1 mètre de distance avec l'air assisté actif — un niveau raisonnable pour un usage en atelier. L'extraction d'air est présente mais pas parfaite : on voit quelques résidus de fumée même avec le système actif. Rien d'anormal pour ce type de machine, mais il vaut mieux prévoir une ventilation complémentaire si vous travaillez dans un espace fermé.

Pour qui est fait ce graveur ?

Le Creality Falcon A1 Pro est clairement positionné pour les makers, artisans et créatifs qui cherchent une machine polyvalente sans avoir à investir des heures dans l'apprentissage d'un logiciel complexe. Si vous avez l'habitude de LightBurn et que vous souhaitez continuer à l'utiliser, cette machine n'est pas nécessairement le meilleur choix : le Falcon Design Space est bien, il couvre 80 à 90 % des usages courants, mais il manque certaines fonctionnalités avancées que LightBurn propose.

En revanche, si vous cherchez une machine capable de graver et découper du bois, de l'acrylique, de l'ardoise, de la céramique peinte et potentiellement du métal ou du plastique avec le module infrarouge, avec un workflow simple et efficace, alors le A1 Pro mérite vraiment votre attention. Il ne permettra pas de découper des planches épaisses de 18 mm ou plus, mais pour la grande majorité des projets créatifs courants, il sera tout à fait à la hauteur.

Au moment de la rédaction de cet article, le Falcon A1 Pro (version diode 20 W seule) est affiché à 799 €. Des kits incluant le module infrarouge, la HiComb et le rotari sont disponibles, avec des prix allant jusqu'à environ 1 210 € pour le kit le plus complet. Un code de réduction Technapa est disponible dans la description de la vidéo pour obtenir 10 % de réduction supplémentaire.

En conclusion

Le Creality Falcon A1 Pro est une évolution cohérente du A1 original. On gagne en puissance, en autofocus et en possibilités d'extension, au prix d'une légère réduction de la surface de travail et d'un écran déporté qu'on aurait préféré intégré. Pour un usage maker ou artisanal sans prétention industrielle, c'est une machine complète, bien construite et facile à prendre en main.

Si vous souhaitez voir le fonctionnement du système de reconnaissance de matériaux par codes QR, je vous invite à consulter ma vidéo sur le Falcon A1 original où j'avais pu le tester en détail. Et si vous avez des questions sur la gravure laser ou des projets à partager, rejoignez le groupe Facebook TechNapa où la communauté maker est active et bienveillante.

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