Je dois l'admettre : au départ, je n'avais pas vraiment envie de tester cette machine. Une imprimante de plus, un système multicouleur qui ressemblait à ce qu'on connaît déjà, et franchement, je n'y voyais pas un grand intérêt. Et puis j'ai vu les retours de certains de mes collègues. Alors j'ai changé d'avis. Voici ce que j'en pense après plusieurs sessions de tests.
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Ce que propose Anycubic pour ce prix
La Kobra X est vendue à 329 euros dans sa configuration de base avec 4 couleurs. C'est son positionnement tarifaire qui la rend intéressante, pas uniquement son prix en tant que tel. À ce niveau de gamme, Anycubic propose un volume d'impression de 260 mm³, un plateau chauffant à 100°C maximum, une buse qui monte à 300°C, et un système multicouleur intégré qu'ils appellent l'ACE Gen 2.
Ce système ACE Gen 2 est justement ce qui distingue la Kobra X d'une imprimante classique à une couleur. Les bobines sont placées directement sur des supports au-dessus de la machine, ce qui réduit l'encombrement latéral par rapport à un AMS positionné sur le côté. Un détail pratique qui fait une vraie différence en termes d'espace de travail.
Il est également possible d'étendre jusqu'à 7 couleurs (voire 19 en combinant plusieurs ACE), même si l'usage courant reste les 4 couleurs de base.
Le vrai argument : moins de purge, plus vite
Anycubic met en avant une réduction significative de la quantité de purge par rapport aux systèmes multicouleurs classiques. L'explication est technique : la distance entre le coupe-filament et la buse est réduite à 35 mm sur la Kobra X, contre 73 mm sur la Kobra 3 V2. Moins de chemin à parcourir, moins de filament à purger, moins de temps perdu.
Pour vérifier ça concrètement, j'ai simulé la découpe d'un même modèle sur les deux machines dans Anycubic Slicer. Le résultat est assez parlant : le même modèle 4 couleurs demande 42 g de filament et 6h35 d'impression sur la Kobra X, contre 106 g et 8h32 sur la Kobra 3. Ce n'est pas négligeable.
Il faut quand même être honnête : il y a toujours de la purge. Ce n'est pas un système à changement d'outils. Mais la réduction est réelle et mesurable.
Montage, prise en main et interface
Le montage est simple. On vient poser le portique sur la base, on fixe 8 vis, on connecte les câbles et les tubes PTFE, et c'est à peu près tout. Le résultat est une machine qui ne donne pas du tout l'impression d'être cheap malgré son prix. Les matériaux sont corrects, la finition est propre.
L'interface à l'écran est fonctionnelle, même si l'écran est un peu petit. La traduction française est approximative - certains termes sont mal traduits, "ignore" est rendu par "négligé" par exemple - mais c'est compréhensible et cela sera probablement corrigé dans les mises à jour.
L'application Anycubic permet de contrôler l'imprimante à distance, de recevoir des notifications, de gérer les fichiers stockés et d'accéder à une bibliothèque de modèles. Je ne suis pas un grand utilisateur de ce type de fonctionnalité, mais elle fonctionne sans problème.
Le système de bobines RFID est pratique : on passe la bobine devant le tag, l'imprimante la reconnaît automatiquement et mémorise le type et la couleur du filament.
Les tests en conditions réelles
J'ai commencé par les fichiers fournis avec la machine. C'est propre, sans surprise - le constructeur a évidemment optimisé ses propres fichiers. J'ai ensuite enchaîné avec mes propres tests.
PLA 4 couleurs : impression sans difficulté, résultat propre. La quantité de purge est visible mais raisonnable.
Multimatériaux PLA-PETG : j'ai testé l'impression de supports avec une interface en PETG, ce qui permet d'éviter que le support colle à la pièce. Le résultat est nettement plus propre que des supports classiques en PLA. C'est un usage concret et pratique qui illustre bien l'intérêt du multicouleur au-delà de la simple couleur décorative.
PETG seul : une bobine tierce, impression sans problème. Je ne m'attendais pas à des performances de haut niveau avec ce type de machine, et ce n'est de toute façon pas son objectif. L'essentiel fonctionne.
TPU : un TPU relativement rigide (environ 90D), impression réussie sans intervention. L'ACE Gen 2 dispose d'un compensateur adaptatif de force d'extrusion qui ajuste la pression en fonction du matériau, ce qui aide avec les filaments souples.
Test final : un casque de Deadpool en plusieurs couleurs, avec un mix de filaments Anycubic et tiers. Tout s'est imprimé sans incident.
Ce qu'il faut garder en tête
La Kobra X est une machine ouverte, ce qui implique quelques limites. L'ABS est à exclure - non pas uniquement pour des raisons techniques, mais surtout à cause des fumées nocives qu'il dégage sans filtration. C'est valable pour toutes les imprimantes non fermées. Le plateau monte à 100°C et la buse à 300°C maximum, ce qui exclut les matériaux techniques les plus exigeants.
C'est une machine qui s'adresse aux makers qui veulent explorer le multicouleur de manière accessible et ludique - famille, débutants intermédiaires, projets créatifs. Ce n'est pas une machine de production industrielle, et elle n'a aucune prétention à l'être.
Ce que j'en retiens
Je comprends maintenant pourquoi certains de mes collègues m'en ont dit du bien. La Kobra X apporte une vraie réflexion sur la gestion du multicouleur à petit prix. Le flux de travail est fluide, la prise en main est rapide, et les résultats sont à la hauteur de ce qu'on peut attendre pour ce positionnement tarifaire.
Si vous cherchez une machine pour découvrir ou approfondir l'impression multicouleur sans vous ruiner, elle mérite vraiment d'être considérée.
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