Revopoint MetroY Pro : 5 modes de scan, du filaire au Wi-Fi — mon retour après prise en main

Publié le 13 février 2026 à 11:34

Avec son laser bleu, ses cinq modes de numérisation et sa possibilité de fonctionnement en Wi-Fi, le Revopoint MetroY Pro vise les makers exigeants et les usages plus techniques. Je l’ai testé en conditions réelles, du scan simple d’outil mécanique jusqu’au workflow complet avec nettoyage, maillage et assemblage. Voici ce qu’il faut réellement savoir avant d’envisager cet investissement.

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Un scanner laser bleu pensé pour les makers exigeants

Dans cette vidéo, je teste le Revopoint MetroY Pro, un scanner 3D « lumière bleue » orienté petites et moyennes pièces, avec une ambition claire : gagner en vitesse et en fiabilité, y compris sur des surfaces pénibles à numériser comme le noir ou le brillant. L’idée générale, c’est de retrouver ce que j’aimais déjà sur le MetroX, mais avec davantage de modes de capture et surtout une vraie option de scan en Wi-Fi, qui change la manière de travailler quand on doit tourner autour d’un objet ou scanner dans un espace encombré.

Le MetroY Pro se distingue notamment par ses cinq modes de scan, et par un mode « full-field » 62 lignes réservé à la version Pro, annoncé comme plus rapide sur les pièces riches en détails et en caractéristiques.

Ce que propose le MetroY Pro côté matériel et modes de scan

Le cœur du MetroY Pro, c’est la combinaison de plusieurs schémas de projection en lumière bleue. Concrètement, on passe d’un mode à l’autre selon l’objet, l’objectif (vitesse ou micro-détail), et les zones à capturer.

On retrouve cinq approches, qui sont aussi celles mises en avant dans la documentation produit : un mode rapide en lignes croisées (jusqu’à 34 cross-lines), un mode « détail » en lignes parallèles (jusqu’à 15 lignes), un mode ligne unique pour les creux et perforations, et le mode « 62-Line Full-field Structured Blue Light » réservé au Pro. La vidéo montre aussi un mode « plateau tournant automatique », pensé pour automatiser une partie de la capture en studio.

À noter : l’argument « sans spray » pour noir/brillant revient souvent. Je le nuance toujours dans ma tête, parce que « ça marche sans spray » ne veut pas dire « ça marche toujours sans spray ». Mais l’intérêt du laser bleu, c’est clairement d’être plus à l’aise sur des surfaces qui mettent en défaut certains scanners à lumière blanche.

Déballage et accessoires : le kit vise une utilisation “terrain”

Le package est orienté usage pratique : valise, trépied, plateau tournant motorisé, câbles, adaptateurs secteur, support téléphone, et une plaque de calibration/étalonnage. L’ensemble est cohérent si on veut alterner entre scan posé sur trépied, scan à la main, et scan assisté par plateau tournant.

Un point important à retenir pour la suite : le “sans fil” n’est pas magique. Pour scanner en Wi-Fi, il faut alimenter le scanner via une poignée-batterie (type power bank dédiée). Ça libère du câble de données, mais pas de la contrainte énergétique.

L’étalonnage : un passage à ne pas zapper

Avant de juger un scanner, je regarde toujours comment l’éditeur gère l’étalonnage. Ici, la procédure est plutôt bien guidée : on scanne les infos de la plaque, on évite un éclairage trop agressif, puis on suit une série de mouvements (distance/angle) pour valider le contrôle d’exactitude. Dans la vidéo, le contrôle est bon, donc pas besoin d’aller au bout de toutes les étapes.

Mon conseil pratique : faites l’étalonnage en filaire, au calme, et gardez une routine (après mise à jour, ou si vous constatez un comportement bizarre). Ça évite de “compenser” ensuite en post-traitement un problème qui vient juste d’un étalonnage vieillissant.

Comprendre le logiciel et surtout le suivi : marqueurs ou caractéristiques

Le gros sujet en scan 3D, c’est la capacité du système à se repérer dans l’espace. Le MetroY Pro (via l’écosystème Revo) permet deux logiques principales :

  • D’un côté, le suivi par marqueurs : on colle des points de référence autour de la scène, et éventuellement sur l’objet. C’est très efficace sur les pièces géométriques ou répétitives (une clé à molette, un outil, une pièce mécanique), parce que le scanner a peu de “repères uniques” à reconnaître.
  • De l’autre, le suivi par caractéristiques : on se base sur la forme elle-même. Ça marche souvent mieux sur des objets organiques, irréguliers, riches en détails (statuettes, figurines, objets “sculptés”). C’est le mode le plus confortable… quand il fonctionne.

Dans la vidéo, je choisis les marqueurs pour la clé à molette, ce qui est logique : sur un objet allongé, symétrique par endroits et assez uniforme, la perte de tracking arrive vite si on va trop vite ou si on revient sur une zone peu distinctive.

Le workflow complet : nuage de points, fusion, nettoyage, maillage, trous

Le déroulé montré est très représentatif d’un flux “scanner → impression 3D” :

On commence par créer le nuage de points. On règle l’exposition et la luminosité, et on essaie de garder une distance stable (le logiciel donne un indicateur couleur). Le scan va vite, mais il faut rester fluide : trop rapide, et on perd le suivi.

Ensuite vient la fusion du nuage de points : soit rapide, soit haute qualité. La version haute qualité peut être très longue si on a choisi une densité de points très fine, mais c’est là qu’on “paie” pour la précision. Dans l’exemple, le traitement annoncé est conséquent, ce qui illustre bien un point clé : un bon scan, c’est aussi une bonne machine. Revopoint indique d’ailleurs des prérequis PC élevés pour cette gamme, et met en avant l’usage d’un GPU RTX sur Windows.

Après la fusion, je passe au nettoyage : suppression des zones inutiles, isolation des points parasites, gestion des chevauchements. Puis on génère le maillage (rapide ou haute qualité). Et là, on tombe sur le classique : les trous. C’est normal, surtout si l’objet n’a pas été capturé sous tous les angles, ou si certaines zones étaient masquées.

Le remplissage des trous se fait mieux à mon sens en manuel : on choisit les zones à combler et le type de surface (plan/courbe). Ensuite, un lissage local ou global permet d’homogénéiser la texture, au prix d’une légère perte de détail. Pour de l’impression 3D, ce compromis est souvent acceptable, surtout si l’objectif est une pièce fonctionnelle et non un modèle patrimonial.

Faire un objet complet : multiplier les scans et les recaler proprement

L’exemple de la clé à molette est intéressant parce qu’il montre la méthode “propre” : on scanne une face, puis l’autre, puis on ajoute des vues de tranche, et on assemble.

L’assemblage peut se tenter automatiquement par caractéristiques, mais dès que les faces se ressemblent trop, ça devient hasardeux. La méthode manuelle par points (triangulation) reste la plus fiable : on place trois points correspondants entre deux nuages, on valide, puis on répète jusqu’à fusionner l’ensemble. C’est plus long, mais ça évite de se retrouver avec deux faces inversées ou mal recollées.

Le Wi-Fi : pratique, et visiblement stable sur PC

Le vrai ajout “confort” du MetroY Pro, c’est la possibilité de travailler sans câble de données en se connectant au Wi-Fi du scanner. Une fois la poignée-batterie installée, on se connecte au réseau du scanner, et côté logiciel le workflow ne change pas : même interface, mêmes réglages, mêmes étapes de traitement.

Dans la démonstration, les performances en images/seconde restent du même ordre qu’en filaire, avec de légers micro-lags mais rien qui bloque. Sur ce point, l’intérêt est évident : dès qu’on scanne un objet encombrant, lourd, ou situé dans un endroit pas pratique, enlever le câble change vraiment l’expérience.

Le mode téléphone : une solution de mirroring, pas une vraie appli de scan

C’est probablement le point le plus discutable de la vidéo. Le fonctionnement présenté passe par Revo Mirror : le téléphone ne devient pas une station de scan autonome, il sert surtout d’écran déporté qui reflète l’ordinateur. Revopoint décrit bien Revo Mirror comme un outil de “screen mirroring” pour prévisualiser et suivre le scan en temps réel.

En pratique, ça donne un retour visuel utile quand on tourne autour d’un objet, mais ça ne remplace pas une vraie application mobile qui traiterait et exporterait les scans depuis le téléphone. Si vous espériez un workflow “je scanne tout au smartphone puis je transfère”, ce n’est pas exactement ça.

Prix et positionnement : un outil puissant, mais pas un achat impulsif

Dans la vidéo, je cite un prix autour de 1502 € pour la version Pro, et on retrouve effectivement ce niveau de tarif sur la boutique Revopoint en zone euro (tarif pouvant varier selon promos et périodes). Des revendeurs affichent parfois des prix plus élevés selon TVA, stock et services associés.

À ce niveau, on est clairement sur un outil “pro” ou “maker très motivé”, surtout si on ajoute le temps nécessaire au post-traitement et le besoin d’un PC solide pour exploiter des scans denses.

Conclusion : un très bon scanner… à condition d’accepter son workflow

Mon ressenti global, tel que je le montre dans la vidéo, est simple : le MetroY Pro scanne bien, vite, et le Wi-Fi est un vrai plus dans les cas où le câble gêne. Pour autant, je reste personnellement plus à l’aise en filaire quand c’est possible, juste parce que c’est plus direct et plus prévisible.

Là où j’attends mieux, c’est sur l’expérience mobile : le mirroring dépanne, mais ne remplace pas une vraie chaîne “scan autonome sur téléphone”. Si votre usage est principalement PC (reverse engineering, préparation impression 3D, petites pièces techniques, objets noirs/brillants), le MetroY Pro a de solides arguments. Si votre priorité est de scanner “partout, uniquement au smartphone”, il faut être conscient de cette limite dès le départ.

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