La Qidi X-Max 4 est arrivée dans l'atelier dans un carton imposant de 57 kg, mesurant 70 × 70 × 75 cm. Autant dire que le déballage lui-même donne le ton : on est face à une machine de gabarit sérieux, clairement positionnée au-dessus des imprimantes grand public classiques. J'avais déjà aperçu cette machine lors du salon Formnext en Allemagne, et c'est avec une curiosité bien entretenue que j'ai pu enfin la tester en profondeur sur plusieurs semaines.
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Un volume de construction atypique et réfléchi
La X-Max 4 propose un volume de construction de 390 × 390 × 340 mm. Ce qui frappe d'emblée, c'est le choix de Qidi de privilégier l'espace en X et Y plutôt qu'en hauteur sur l'axe Z. C'est un parti pris assumé, qui peut dérouter au premier abord, mais qui prend tout son sens dans une logique de productivité : imprimer plusieurs pièces côte à côte en une seule fois, ou réaliser de grandes pièces plates, devient beaucoup plus accessible. Pour la fabrication de drones, le prototypage ou l'impression de boîtiers électroniques, c'est un avantage concret.
La machine est une Core XY à caisson entièrement fermé, avec une chambre activement chauffée pouvant atteindre 65 °C. Le plateau chauffant est mis en avant pour son uniformité thermique, et un test à la caméra thermique l'a confirmé : avec une consigne à 60 °C, les relevés oscillaient entre 58,9 et 59,8 °C sur l'ensemble de la surface. C'est cohérent avec ce que Qidi annonce dans sa fiche technique.
Le design adopte le même style "Cyber Truck" que la Plus 4, sobre et un peu angulaire. On retrouve les portes en verre trempé, le capot supérieur coulissant (permettant d'imprimer du PLA ou du PETG sans effet four), un écran tactile orientable, un port USB en façade, et une barre de statut lumineuse sous le plateau pour visualiser l'état de la machine d'un coup d'œil.
Des caractéristiques techniques orientées filaments techniques
La tête d'impression monte jusqu'à 370 °C, avec un débit volumétrique annoncé à 40 mm³/s et un rail linéaire sur l'axe X. La vitesse maximale est indiquée à 800 mm/s — un chiffre marketing à relativiser, car il s'agit d'une vitesse de pointe, pas d'une vitesse d'impression réelle au quotidien. Dans la pratique, comme pour n'importe quelle machine, réduire la vitesse améliore la qualité, surtout sur des matériaux techniques.
La chambre chauffée et la qualité de l'ensemble hot-end font de cette machine une candidate sérieuse pour les filaments techniques courants : PA12 CF, PA6 CF, PA6 GF, PA66, PC ABS, TPU. J'ai pu tester l'ensemble de ces matériaux avec des profils par défaut ou très peu modifiés, et les résultats ont été cohérents et propres dans chaque cas. Aucune délamination, aucun warping problématique, des pièces solides et dimensionnellement correctes. Pour du PEEK ou des matériaux industriels haute température, il faudra s'orienter vers des machines dédiées — la X-Max 4 ne prétend pas aller là.
Le Polar Cooler : technologie intéressante, usage ciblé
Qidi intègre un accessoire qu'ils appellent le "Polar Cooler". Le principe repose sur un module Peltier : un composant thermoélectrique qui, alimenté en courant, crée une différence de température entre ses deux faces. La face froide refroidit activement l'air envoyé vers la zone d'impression, tandis que la face chaude est évacuée par un radiateur et un ventilateur externe. L'idée est d'envoyer de l'air réellement froid vers les pièces en cours d'impression, notamment les grandes pièces en PLA susceptibles de se décoller aux coins.
Dans la pratique, j'ai eu du mal à mettre en évidence un échec flagrant que le Polar Cooler aurait résolu spectaculairement. Les impressions étaient correctes avec ou sans lui. Son intérêt semble plus marqué dans des conditions spécifiques : pièces très larges, PLA imprimé à haute vitesse dans une chambre encore tiède. C'est un accessoire utile dans certains cas d'usage, mais pas un élément différenciant fondamental de la machine. Et attention : mal utilisé, il peut aussi dégrader une impression par refroidissement excessif ou condensation.
La Qidi Box : multicouleur fonctionnel, gaspillage inévitable
La version combo intègre la Qidi Box, l'équivalent maison de l'AMS de Bambu Lab. Elle permet de charger jusqu'à quatre bobines et de switcher automatiquement entre les couleurs pendant l'impression. Elle fait également office de déshydrateur, ce qui est un vrai plus pour les filaments hygroscopiques comme le nylon.
Cela dit, le multicouleur par purge reste ce qu'il est : consommateur de matière et de temps. À titre d'illustration, un même modèle imprimé en une seule couleur demandait 43 minutes et 27 g de filament. Avec quatre couleurs via la Qidi Box, le même fichier passait à 10h40 et 179 g. Ce n'est pas un défaut propre à Qidi — c'est la réalité de tous les systèmes à purge. La Qidi Box reste pertinente pour un usage ponctuel ou pour des projets qui exploitent intelligemment les changements de couleur par hauteur de couche, comme les grandes plaques décoratives en relief. Pour une production multicouleur intensive, un système multi-tête sera toujours plus adapté.
L'interface et le logiciel : simplicité et profondeur au choix
Côté logiciel, Qidi Studio est un fork d'OrcaSlicer aux couleurs de la marque, avec une intégration réseau directe vers la machine. L'interface est connue de quiconque a déjà utilisé Bambu Studio ou OrcaSlicer. Les profils de filaments Bambu Lab sont déjà inclus, ce qui est appréciable. Les calibrations disponibles sont au nombre de trois, suffisantes pour démarrer correctement avec un nouveau filament.
Pour aller plus loin, la machine tourne sous Klipper avec une interface Fluidd accessible directement via le navigateur en tapant l'adresse IP. Cela ouvre l'accès aux fichiers de configuration et à toutes les options avancées du firmware — à manipuler avec précaution si on ne maîtrise pas Klipper. C'est précisément ce qui fait la force de cette machine : elle est accessible en utilisation standard, mais ne bride pas ceux qui veulent aller plus loin.
Conclusion : une machine équilibrée pour un usage technique sérieux
La Qidi X-Max 4 est affichée autour de 1 049 € pour la version seule, un peu plus avec la Qidi Box en version combo. Pour ce positionnement tarifaire, elle propose un ensemble cohérent : grand volume de construction, chambre chauffée active, compatibilité avec la majorité des filaments techniques courants, firmware Klipper, et une interface qui reste accessible.
Ce n'est pas une machine pour tout le monde. Si vous cherchez principalement à imprimer du PLA en multicouleur de façon intensive, d'autres solutions seront plus adaptées. En revanche, si votre usage tourne autour de pièces fonctionnelles en nylon, PC, TPU, ou que vous avez besoin de productivité sur des séries de petites pièces techniques, la X-Max 4 coche vraiment les bonnes cases. Qidi reste une marque discrète dans le paysage de l'impression 3D, mais qui délivre des machines solides à un prix contenu — et cette X-Max 4 en est une bonne illustration.
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