Ça faisait un bon moment qu'on nous la promettait. La Jupiter 2 d'Elegoo était attendue depuis plus d'un an, aperçue au salon Formnext, et finalement j'ai pu la recevoir en avant-première pour la tester avant sa commercialisation officielle. Autant dire que l'attente était au rendez-vous. Voici ce que j'en retiens après plusieurs sessions d'impression.
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Une machine imposante, conçue pour l'atelier
Premier constat à la réception : la Jupiter 2 est grande. Très grande. Avec un volume de construction de 302 x 161 x 300 mm, elle se situe clairement dans la catégorie grand format. Concrètement, il faut compter environ 65 cm de hauteur, 55 cm de profondeur, et surtout 90 cm d'espace disponible sur le côté pour pouvoir ouvrir les portes correctement. C'est un point à anticiper absolument avant de l'installer.
La construction inspire confiance : châssis métal, charnières robustes, double porte avec vitre (et non de l'acrylique), et une poignée — ce qui n'était pas le cas sur les Jupiter précédentes. L'ensemble est solide. On a également un rail linéaire double avec tige filetée pour le mouvement vertical, ce qui semble particulièrement rigide.
Ce que la Jupiter 2 apporte de nouveau
Par rapport aux générations précédentes, Elegoo a intégré plusieurs fonctionnalités pensées pour faciliter le workflow en atelier. La plus visible : un système de pompe de remplissage automatique de résine, compatible avec des bouteilles de 2 kg. L'idée est intéressante sur le papier, notamment pour ceux qui n'ont pas envie de gérer manuellement le niveau de résine pendant une longue impression.
On a également un système de remplacement de film rapide, par clippage, dans le genre de ce que propose Chitubox avec son système Palat. Le bac se libère facilement, et le film se change sans avoir à dévisser une multitude de vis. C'est appréciable. Autre nouveauté notable : le remplacement de l'écran LCD est annoncé en moins de 10 minutes. La machine est aussi équipée d'une caméra intégrée et d'un système de monitoring en temps réel via l'application mobile Elegoo Satellite.
L'écran de l'interface est positionné en bas de la machine et il n'est pas orientable. Ce n'est pas gênant au quotidien, mais c'est un détail qui mérite d'être mentionné. Le bouton d'alimentation, lui, est sur l'arrière gauche de la machine — pas l'emplacement le plus accessible une fois installée.
Prise en main et logiciel
La machine s'intègre sans friction dans l'écosystème Elegoo. Le slicer Elegoo Satellite reconnaît la Jupiter 2 dès qu'on l'ajoute dans les profils, et la connexion réseau fonctionne bien. On peut envoyer les fichiers directement depuis le logiciel sans passer par une clé USB, et suivre l'impression à distance.
L'interface de la machine elle-même est similaire à ce qu'on connaît avec les Saturne : navigation simple, affichage des températures du bac, gestion des fichiers en local ou depuis la clé USB. Il y a une option de mise à niveau automatique du plateau, une fonction de test d'écran, et la possibilité de nettoyer le bac par polymérisation. La traduction française est présente mais perfectible — j'utilise personnellement mes machines en anglais, ce qui évite quelques approximations.
Les tests d'impression
J'ai démarré avec un test de calibration de résine classique, le modèle Inslogic que j'utilise régulièrement. Résultat : bon dès le premier essai, avec une très légère surexposition que j'ai corrigée en abaissant de 0,1 seconde le temps d'exposition. Les inscriptions sont nettes, les distances correctes. Encourageant.
J'ai ensuite imprimé un modèle plus conséquent — le Serana Eldritch de VX Labs — réparti sur quatre plateaux. J'ai utilisé deux résines différentes en cours de route : la résine Elegoo d'une part, et la Sunrise Orange d'Inslogic d'autre part, qui m'avait été envoyée pour des tests. Dans les deux cas, aucun problème d'adhérence ni de décrochage. Les détails sont fins, le rendu propre. La machine a fonctionné sans accro.
Ce qui m'a moins convaincu
Le système de pompe de remplissage automatique est l'élément qui m'a le plus questionné. Pas parce qu'il ne fonctionne pas — il fonctionne — mais parce qu'il est intégré dans le processus de manière trop rigide. Si on choisit de ne pas l'utiliser, la machine demande quand même confirmation à chaque lancement d'impression. Je n'ai pas trouvé de moyen de désactiver cette demande définitivement, même en débranchant le câble data de la pompe. C'est une contrainte mineure, mais agaçante quand on lance une impression depuis son bureau après avoir vérifié que tout était en ordre.
Je mentionnerais aussi l'installation du système de pompe sur l'arrière de la machine, qui nécessite d'accéder à une zone peu commode une fois la machine posée sur un établi. Ce sont des points qui pourraient tout à fait être réglés via une mise à jour firmware, et j'espère qu'Elegoo s'y penchera rapidement.
Pour qui est cette machine ?
La Jupiter 2 n'est pas une machine pour débuter dans la résine. Les grandes impressions sont plus exigeantes en matière de supports, de placement des pièces, et d'effets ventouse. En cas de raté, le nettoyage du bac est fastidieux et la résine gâchée est coûteuse. Si vous débutez, une Mars ou une Saturn sera bien plus adaptée pour apprendre sans frustration inutile.
En revanche, si vous avez déjà une certaine maîtrise de l'impression résine et que vous cherchez à augmenter votre capacité de production — que ce soit pour un usage studio ou simplement pour imprimer de grandes pièces — la Jupiter 2 tient ses promesses. Elle fonctionne bien, pratiquement dès la première utilisation. Le firmware est encore jeune sur cette présérie, mais il est déjà suffisamment stable pour travailler sereinement.
Au moment où je rédige ces lignes, le prix n'est pas encore officialisé. J'estime qu'elle devrait se situer aux alentours de 900 à 950 €. Je mettrai le prix définitif en description de la vidéo dès qu'il sera connu.
En conclusion
La Jupiter 2 est une machine bien construite, qui fonctionne de manière fiable et qui offre un volume d'impression rarement accessible à ce format. Le système de remplacement de film rapide et la connectivité réseau sont de vraies bonnes idées. Le système de pompe automatique mérite d'être affiné via firmware pour ne pas devenir une source de friction. Mais dans l'ensemble, pour un usage productif et pour quelqu'un qui maîtrise déjà la résine, c'est une machine qui peut légitimement faire partie d'un atelier sérieux.
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