Je vais être honnête d'entrée de jeu : quand xTool m'a proposé de tester le F2 Ultra UV, je n'étais clairement pas dans une position de neutralité totale. J'avais vu cette machine à Berlin, j'avais suivi les tests de mes amis Isidon et Thomas de Polyworkshop, et je rêvais de l'avoir entre les mains depuis un bon moment. Cela dit, j'ai essayé de garder un regard critique et de vous montrer concrètement ce que cette machine permet de faire — et ce qu'elle ne fait pas encore de manière parfaitement simple.
Envie d'essayer : http://bit.ly/4wbdf4q
Un laser UV, c'est quoi exactement ?
Le F2 Ultra UV utilise une technologie UV, contrairement au F2 Ultra classique qui repose sur un laser fibre. La différence fondamentale, c'est que le laser UV ne grave pas en brûlant. Il agit par ablation photochimique : il modifie la surface du matériau sans y apporter de chaleur excessive. Concrètement, cela signifie qu'on peut travailler des matériaux sensibles — plastique fin, acrylique, électronique grand public, bois — sans les traces de brûlure ou de fumée qu'un laser diode ou fibre laisserait inévitablement.
Mais ce qui distingue vraiment cette machine, et ce pour quoi xTool la présente comme un "spécialiste du verre", c'est sa capacité à graver à l'intérieur d'objets en verre — cubes, sphères — pour créer des effets 3D en relief particulièrement spectaculaires.
Déballage et prise en main
Le carton est bien pensé, avec des poignées intégrées pour sortir la machine en sécurité. L'emballage intérieur maintient bien l'ensemble, et l'accessory pack fourni contient l'essentiel : bouton déporté, adaptateur secteur, prise USB, petite plaque nid d'abeille pour la découpe, tube pour le purificateur d'air, et quelques matériaux de test. La lentille spéciale pour la gravure interne ainsi que le support pour y déposer les cubes et sphères sont également dans la boîte.
La machine elle-même dispose sur sa face inférieure d'un port USB pour clé, d'un port USB-C pour connexion ordinateur, d'un bouton reset et d'un arrêt d'urgence. À l'arrière, on trouve les ports pour le boîtier déporté, la pédale (vendue séparément), et les connecteurs liés au système anti-incendie optionnel. La plaque avant s'ouvre pour accéder à l'intérieur, et une plaque amovible permet de nettoyer le ventilateur sans difficulté.
La connexion initiale dans xTool Studio se fait en USB, avec une procédure d'étalonnage guidée et une mise à jour automatique. Pour ceux qui connaissent déjà l'écosystème xTool, on retrouve les mêmes repères. Pour les nouveaux venus, le logiciel est accessible et la bibliothèque de matériaux préchargée avec des paramètres optimisés facilite vraiment le démarrage.
Tests sur différents matériaux
Métal et bois
Pour mon premier test, j'ai gravé une carte de visite en métal. Le résultat est propre, et la gravure ne prend qu'une quarantaine de secondes — un peu moins rapide qu'un laser fibre, il faut le reconnaître, mais le F2 Ultra UV permet de travailler des matériaux que le fibre ne peut tout simplement pas traiter correctement. La vue caméra intégrée permet de positionner précisément son design sur le matériau, ce qui est un vrai confort au quotidien.
Pour le bois, j'ai voulu combiner gravure et découpe en réalisant un petit puzzle. Le logiciel reconnaît automatiquement le matériau via QR code lorsqu'on utilise des planches xTool — pratique pour aller vite. Les 32 minutes de traitement ont donné une découpe nette, sans la moindre trace de brûlure ni de fumée à l'intérieur du cadre. Ce résultat, un laser fibre ne peut tout simplement pas l'atteindre sur ce type de matériau.
Plastique, acrylique et appareils électroniques
Sur du plastique PLA imprimé (en l'occurrence une pièce de style Lego imprimée un peu grossièrement dans le cadre d'un autre test), le résultat est fonctionnel, même si les paramètres méritent d'être affinés selon la couleur du filament. J'avais du PLA orange, et le logiciel n'avait que le PLA noir en bibliothèque — ça fonctionne quand même, mais il peut être intéressant de tester ses propres réglages.
Sur acrylique blanc puis transparent, les résultats m'ont franchement surpris. La découpe d'un mécanisme de cœur est ressortie très propre, sans fonte visible. La gravure sur acrylique transparent, quant à elle, m'a donné des idées concrètes : portes d'imprimante 3D personnalisées, déco lumineuse... Le laser UV est particulièrement à l'aise avec ce genre de matériau. La gravure sur des appareils électroniques grand public est aussi une des applications de choix pour cette technologie — un résultat net et sans risque de détérioration thermique.
La gravure interne dans le verre : là où la magie opère (et ses nuances)
C'est le cœur du sujet, et ce qui m'a le plus attiré vers cette machine. La gravure interne dans un cube en verre nécessite de changer la lentille (incluse dans la boîte) et d'assembler le petit support dédié. Le logiciel propose un tutoriel pas à pas qui guide bien l'opération.
J'ai d'abord utilisé le fichier exemple fourni par xTool. Résultat au premier essai, sans toucher aux paramètres par défaut. Pour avoir fait ça avec un autre graveur UV il y a quelques années — sur lequel il fallait calculer manuellement la moitié de la hauteur Z pour le focus — la différence est considérable. Ici, xTool gère tout ça de manière transparente.
J'ai ensuite testé avec une photo personnelle : une vieille photo de ma grand-mère restaurée par IA. La fonction "photo 3D" du logiciel retire le fond et prépare l'image automatiquement (cela consomme des crédits génératifs). Le traitement a duré 16 minutes, et le résultat est bluffant. Ces cubes avec des portraits en relief 3D ont un vrai potentiel commercial — le cube vierge revient à une vingtaine d'euros chez xTool, et ce genre de souvenir peut facilement se vendre bien au-delà de cette somme.
Pourquoi les sphères, c'est une autre histoire
Je voulais faire pareil avec une sphère en verre. C'est là que j'ai découvert une subtilité physique importante que j'aurais dû anticiper.
Avec un cube, les faces planes permettent au laser d'arriver perpendiculairement à la surface. Il traverse le verre sans dévier et se focalise exactement au point calculé. Avec une sphère, la surface courbée agit comme une lentille : elle réfracte le faisceau dès qu'il pénètre dans le verre, et cette déviation varie constamment selon l'angle d'incidence. Le point de focus réel ne correspond plus au point calculé, et l'image gravée est déformée ou floue.
La solution consiste à immerger la sphère dans une huile dont l'indice de réfraction est proche de celui du verre K9 (environ 1,50 à 1,51). Quand les deux milieux ont le même indice, le faisceau ne se dévie plus à la surface — c'est le même principe que le gel utilisé en échographie. xTool propose un kit spécifique pour cela, mais le mien n'est pas arrivé à temps à cause d'une grève de la poste prolongée. Je ferai donc une seconde vidéo dédiée aux sphères dès que j'aurai ce kit en main.
Conclusion : une machine pour qui ?
Le F2 Ultra UV est une machine qui impressionne, et ce n'est pas que de l'enthousiasme lié à l'attente. C'est objectivement le graveur UV le plus simple et le plus agréable que j'aie utilisé. Le logiciel guide bien, les résultats par défaut sont déjà très bons, et la polyvalence sur les matériaux est réelle.
Le bémol principal, c'est le coût. C'est une technologie qui ne s'adresse pas vraiment au maker amateur qui veut juste personnaliser quelques objets de temps en temps. Par contre, pour quelqu'un qui envisage une activité de gravure personnalisée — souvenirs, cadeaux, objets promotionnels — le potentiel de rentabilité est nettement supérieur à ce qu'on peut attendre d'un laser fibre ou d'un laser diode classique.
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