J'ai testé l'Anycubic Photon P1 Max : la résine passe à grande échelle

Publié le 29 mai 2026 à 09:00

Il y a quelques mois, je testais l'Anycubic Photon P1, une imprimante résine que j'avais trouvée vraiment convaincante : finitions soignées, expérience utilisateur au-dessus de ce que proposait la marque auparavant, et des résultats d'impression solides. Anycubic m'a ensuite envoyé la version Max, soit la même machine, mais en grand format. 18 litres de volume d'impression, un plateau généreux, et quelques nouveautés à explorer. Voici ce que j'en pense après plusieurs semaines de tests.

Une machine qui assume son gabarit

La P1 Max reprend la ligne de design de sa petite sœur : coloris sobres, châssis mélangeant plastique et aluminium, écran orienté légèrement sur le côté. On retrouve le bouton d'alimentation sur le flanc — pratique — et la prise USB au même emplacement. L'ouverture se fait par un couvercle sur charnière, ce qui implique de prévoir suffisamment d'espace en hauteur : comptez 78 cm de dégagement au-dessus de la machine pour ouvrir confortablement. C'est un détail qui peut avoir son importance si vous prévoyez de l'installer dans un espace contraint.

Le plateau est en acier rectifié de précision, et il est imposant. Lourd aussi — ce n'est pas anodin quand il faut le manipuler régulièrement. Les dimensions du volume d'impression sont de 285 x 214 x 300 mm pour un total de 18 litres, contre 6 litres pour la P1 standard. Ce qui est intéressant dans ces dimensions, c'est que la machine n'a pas simplement été agrandie dans tous les sens : elle est un peu moins large mais plus profonde que ce qu'on trouve habituellement sur les imprimantes résine grand format. Résultat : on obtient une surface utile qui se rapproche d'un carré, ce qui est un vrai avantage pour les pièces à grande base. Le bac, lui, a une capacité de 1900 ml — suffisant pour les longues sessions d'impression.

L'écran LCD fait 14 pouces avec une résolution de 12K, et la source lumineuse est de type COB Fresnel Mask, la même technologie que sur la P1. Anycubic annonce une uniformité lumineuse de 92 %, ce que je n'ai pas pu vérifier faute d'équipement, mais les résultats d'impression parlent d'eux-mêmes. L'axe Z est entraîné par un système C7, robuste et silencieux.

L'interface et l'application : une expérience bien rodée

L'interface embarquée est quasi identique à celle de la P1. On y retrouve la gestion des fichiers (stockage interne, USB, cloud), le contrôle manuel de l'axe Z, les options d'exposition, le nettoyage du bac, et un outil de calibration de la résine particulièrement utile. Ce dernier permet d'imprimer plusieurs copies d'un modèle test en une seule passe, chacune avec un temps d'exposition différent — une façon efficace de trouver les bons paramètres sans gaspiller de résine.

Un point à noter : certaines traductions en français laissent à désirer. Par exemple, le bouton "Clean" devient "Effacer" dans le menu, ce qui prête à confusion. Rien de bloquant, mais suffisamment gênant pour que je repasse l'interface en anglais.

L'application mobile Anycubic fonctionne bien. On y scanne le QR code affiché à l'écran, et la machine est détectée immédiatement. Depuis l'app, je peux surveiller la température du bac, vérifier l'état du firmware, accéder à la caméra intégrée (avec un léger décalage, mais fonctionnelle), et contrôler l'éclairage de la machine. C'est une des rares applications compagnon que je trouve réellement utile au quotidien.

Les tests d'impression : du bon et quelques nuances

J'ai commencé les tests avec la résine standard grise d'Anycubic. Bonne pratique que j'applique à chaque nouvelle machine : démarrer avec la résine du fabricant permet d'éliminer les variables et de s'assurer que les profils par défaut sont fiables. Et ici, ils le sont. Premier modèle lancé directement depuis Photon Workshop, le slicer maison d'Anycubic : aucun problème.

Pour tester les capacités en hauteur de la machine, j'ai imprimé une épée à l'échelle réduite — 15 heures d'impression. Le résultat est propre dans l'ensemble. On note quelques légères lignes sur la lame, que j'attribue au système de détection intelligente embarqué. Cette fonctionnalité adapte les pauses et la vitesse d'impression en fonction de ce qu'elle "ressent" dans le bac. En théorie, c'est intéressant. En pratique, j'ai observé que ça allonge les temps d'impression sans apporter un gain visible sur la qualité. Je l'ai désactivé pour la suite.

Meshy et la génération 3D : une combinaison efficace

Pour exploiter pleinement le volume de la P1 Max, j'avais envie d'imprimer quelque chose de plus ambitieux : un masque en céramique inspiré d'une œuvre de l'artiste Jenny Chan. Plutôt que de le modéliser de zéro, j'ai utilisé Meshy, un outil de génération 3D par image que j'ai adopté récemment après quelques essais convaincants. J'ai chargé une photo de référence, et Meshy a généré un modèle 3D en quelques minutes. Après deux ou trois tentatives pour affiner les détails — notamment les yeux et la texture de surface — j'avais un fichier STL exploitable.

Le masque a été redimensionné à 28 cm de hauteur, mis en support dans Photon Workshop, puis imprimé avec une résine tierce de chez InsLogic, couleur "Orange Sunrise" — une teinte argileuse que j'ai trouvée parfaitement adaptée pour ce type de pièce. Le résultat final est très beau, et la pièce affiche presque 1 kg sur la balance. Aucun problème d'impression.

Ce test illustre bien ce que permet cette machine : combiner un outil de génération 3D comme Meshy avec une imprimante grand format résine ouvre des possibilités créatives réelles, sans avoir à maîtriser la modélisation 3D de bout en bout.

La résine tierce : une calibration à ne pas négliger

J'ai néanmoins eu des difficultés à trouver les bons paramètres d'exposition avec la résine Ins Logic, et j'ai mis du temps avant de comprendre pourquoi. La cause était l'interaction entre les systèmes d'aide automatiques de la machine — notamment ceux qui gèrent les couches de base et le flux de résine — et les paramètres que j'essayais d'appliquer. Une fois ces assistants désactivés, j'ai pu affiner la calibration proprement et obtenir des impressions parfaites.

C'est un point important à comprendre : les fonctionnalités intelligentes d'Anycubic fonctionnent très bien avec les résines maison. Avec des résines tierces, il vaut mieux les désactiver et travailler les paramètres manuellement. Ce n'est pas un défaut rédhibitoire, mais c'est quelque chose à anticiper.

Photon Workshop : un slicer devenu fiable

Je n'aurais pas dit ça il y a quelques années, mais Photon Workshop est aujourd'hui un slicer complet et capable. Il gère les supports, le creux des modèles, les trous de ventouse, les découpes libres, et intègre l'outil de calibration résine dont je parlais plus haut. Pour mes usages, il remplace sans problème des alternatives comme Chitubox ou Lychee Slicer. Ce n'est peut-être pas le cas pour tout le monde, mais pour une utilisation régulière sans besoin de fonctionnalités très spécifiques, il suffit largement.

Ce que j'en pense au final

L'Anycubic Photon P1 Max est une bonne machine. Elle reprend les qualités de la P1 — fiabilité, interface soignée, application mobile utile — en les appliquant à un format nettement plus ambitieux. Le prix aux alentours de 950 € la positionne correctement pour ce segment.

Je la recommande, mais avec une nuance : si vous débutez en impression résine, commencez par une machine de format standard. Imprimer en grand format sur une résine demande une expérience préalable. La gestion des supports devient plus critique quand les pièces sont plus lourdes, et les tolérances de calibration sont moins pardonnantes. Si, en revanche, vous avez déjà pratiqué la résine et que vous cherchez à passer à la taille supérieure, la P1 Max est un très bon choix.

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