La Bambu Lab A2L est la nouvelle venue dans la gamme A de Bambu Lab. Positionnée comme une machine entrée de gamme grand format, elle succède à l'A1 avec un volume d'impression nettement plus généreux et plusieurs nouveautés hardware importantes. Dans cet article, je vous propose un tour complet de la machine : unboxing, montage, découverte, tests d'impression et module de découpe.
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Un volume d'impression nettement plus grand
La première chose qui frappe avec l'A2L, c'est la taille. Le volume d'impression atteint 330 × 320 × 325 mm, soit 105 % de plus que le format standard de la gamme A1 (256 × 256 × 256 mm). Concrètement, c'est une machine dans laquelle rentrerait presque une A1 Mini entière — la comparaison est parlante.
Pour le reste, l'A2L reste fidèle à l'ADN de la série A : format ouvert (open frame), architecture bed slinger, compatibilité avec les filaments grande diffusion. Le plateau peut monter à 80°C maximum, ce qui confirme que cette machine est pensée pour le PLA, le PETG et le TPU — pas pour les filaments techniques comme l'ABS ou l'ASA, qui nécessitent un environnement fermé et des températures de plateau plus élevées.
La buse, elle, monte jusqu'à 300°C, ce qui permet d'envisager du PLA CF ou du PETG CF avec une buse renforcée. La machine est également compatible avec les AMS 2 Pro et l'AMS HT — une bonne nouvelle pour ceux qui veulent gérer des filaments sensibles à l'humidité.
Côté connectivité, on a du Wi-Fi 2,4 GHz uniquement — pas d'Ethernet. Et la caméra intégrée est une caméra basse fréquence, suffisante pour les timelapses, mais sans commune mesure avec ce qu'on trouve sur les machines premium. La vitesse maximale de déplacement de la tête est de 500 mm/s.
Quatre nouveautés hardware à connaître
Au-delà du volume, l'A2L introduit plusieurs évolutions techniques qui la distinguent de l'A1.
Adaptive Vibration Compensation
Sur un bed slinger, le plateau se déplace d'avant en arrière. Plus la pièce imprimée est lourde ou grande, plus les vibrations augmentent — et ça se voit sur la surface finale sous forme de ringing ou de ghosting. L'A2L intègre un algorithme qui recalibre en temps réel la compensation de vibration en fonction du poids sur le plateau et de la position de la tête d'outil. C'est une première dans la gamme A de Bambu Lab.
Granular Dampers
Deux amortisseurs à granules sont physiquement intégrés dans le cadre de la machine. Leur rôle est d'absorber les vibrations au niveau hardware, en complément de la compensation algorithmique. Sur un grand bed slinger à cadre unique, ce type de solution mécanique contribue à stabiliser l'ensemble de la structure.
Extrudeur PMSM servo
L'extrudeur utilise un moteur servo à commutation par aimants permanents (PMSM), hérité de la gamme H2. Il échantillonne la résistance et la position à 20 kHz, ce qui permet une détection en temps réel des problèmes d'extrusion : bourrage, grinding, impression dans le vide. En pratique, la machine peut s'arrêter avant de continuer à extruder inutilement — ce qui évite de gâcher du filament et protège la buse.
Détecteur de blob (Nozzle Clumping Detector)
Un dispositif physique placé au niveau du système de purge détecte la formation d'un blob en début de phase. C'est un problème classique sur les machines multicouleurs : un amas de filament peut endommager la buse ou bloquer le plateau. Ce détecteur vient s'ajouter aux capteurs déjà présents sur l'A1 (fin de filament, détection de bourrage, détection d'emmêlement de bobine).
Unboxing et montage
L'emballage est soigné. La machine arrive en deux parties principales — le portique et la base — ainsi que l'AMS Lite. Le montage est simple et bien guidé : les vis sont triées par type dans des sachets individuels étiquetés, ce qui facilite l'assemblage.
À noter : Bambu Lab a abandonné la petite boîte d'accessoires soignée qu'on connaissait sur les premières A1, au profit d'une boîte carton avec sachets. C'est cohérent avec ce que font les concurrents, mais ça perd ce petit côté premium qui caractérisait la gamme.
Le montage proprement dit comprend l'installation du plateau (vissage en croix, câble vers l'arrière), la fixation du portique, la lubrification des rails de l'axe Y avec l'huile fournie, et l'assemblage de l'AMS Lite. Le câble de l'axe Y est intégré dans le cadre — propre et sécurisé.
Une fois assemblée, la machine lance automatiquement une séquence de calibration d'une quarantaine de minutes. Il est conseillé de refaire une calibration après la mise à jour du firmware, ce qui allonge un peu la mise en route initiale.
Découverte de la machine
Visuellement, l'A2L ressemble beaucoup à une A1 en version grand format. Bambu Lab n'a pas cherché à modifier le design : même esthétique, même logique de construction. Si on vous montrait l'une à côté de l'autre, la différence se résume à la taille.
Quelques détails à noter :
- L'écran (3,5 pouces) est rétractable sur le côté, comme sur l'A1. L'interface est similaire mais plus fluide et plus réactive. La définition semble légèrement améliorée.
- Le bouton on/off est situé à l'arrière — moins pratique qu'en façade, mais Bambu Lab a intégré une butée pour protéger le câble d'alimentation, un problème qui avait affecté certaines premières A1.
- La carte SD fournie fait 32 Go, ce qui est confortable.
- Le scraper (purge flinger) est intégré à la machine pour les impressions multicouleurs. Les purges tombent librement — il est donc conseillé d'imprimer rapidement une poubelle à purges adaptée.
Mise en route et interface
La connexion Wi-Fi et l'appairage via l'application Bambu Handy se font en quelques minutes, comme sur les autres machines de la gamme. L'application permet de surveiller l'impression, de lancer des fichiers depuis MakerWorld, et d'accéder aux réglages de base.
Le chargement du filament est intuitif : on sélectionne le slot dans l'AMS Lite, on insère le filament, et la machine le reconnaît automatiquement.
Tests d'impression
Benchy PLA
Premier test de validation : un Benchy lancé depuis la carte SD. Résultat propre, sans observation particulière à faire. La machine passe ce test sans difficulté.
PETG grande taille — poubelle à purges
Puisqu'aucun modèle de poubelle à purges n'était disponible pour l'A2L au moment du test, j'en ai modélisé une directement à partir d'une photo de l'arrière de la machine. Impression en PETG HF sur une grande surface. Aucun warping, bonne adhérence, résultat fonctionnel — la pièce s'adapte parfaitement.
PETG transparent bleu — vase grande taille
Pour exploiter le volume de la machine, j'ai généré un vase via l'outil MakerLab de Bambu Studio, avec des dimensions proches du maximum : 323 mm de hauteur. Impression en mode vase, en PETG transparent bleu. La machine a géré sans difficulté. Le rendu est translucide — pas entièrement transparent, mais avec un bel effet visuel en lumière.
Impression multicouleur — scène Voronoï
Premier essai : des problèmes de délamination sont apparus sur la pièce. Après analyse, la cause identifiée était du filament bambou mat légèrement humide. Après déshydratation et relance de l'impression (en format réduit faute de filament suffisant), aucun problème de délamination. À retenir : sur les longues impressions multicouleurs, la qualité du filament est déterminante — et l'humidité reste l'ennemi numéro un.
HueForge 4 couleurs — grande taille
Le HueForge est probablement l'un des meilleurs cas d'usage pour cette machine. Contrairement au multicouleur classique, il n'y a pratiquement pas de purges — ce qui réduit considérablement les déchets. Et le grand format permet d'imprimer des pièces très détaillées sans compromettre la lisibilité du rendu.
Impression en 0,08 mm, quatre couleurs Bambu (noir, rouge, blanc, bleu gris), durée d'environ 20 heures. Le résultat est précis et détaillé. Pour les utilisateurs qui font des HueForges, c'est vraiment le cas d'usage parfait de l'A2L.
Kit de découpe et de dessin
La grande nouveauté fonctionnelle de l'A2L par rapport à l'A1, c'est la compatibilité avec un module de découpe à lame et un module de dessin au stylo. Ce kit est vendu séparément — il n'est pas inclus dans le bundle de base.
Ce que contient le kit :
- La tête de découpe
- La tête stylo
- Un plateau double face (light grip / strong grip)
- Les accessoires
Installation : on retire le plateau d'impression et on le remplace par le plateau de découpe. On retire ensuite le cache de la tête d'impression et on clipse le module de découpe. La machine détecte automatiquement le module et propose de lancer une calibration (3 à 4 minutes, entièrement automatique).
Le logiciel utilisé pour la découpe n'est pas Bambu Studio mais Bambu Suite — un logiciel dédié, téléchargeable sur le site de Bambu Lab, avec une interface similaire et une bibliothèque de fichiers spécifiques à la découpe.
La zone de découpe est de 300 × 300 mm, la zone de dessin de 300 × 255 mm.
Matériaux supportés : papier, carton, vinyle, PVC, cuir fin (jusqu'à 0,5 mm d'épaisseur), et plus encore.
La différence avec la H2D : sur la H2D, une caméra intégrée au caisson permet un positionnement automatique. Sur l'A2L, sans cette caméra, le positionnement se fait via l'application mobile Bambu Handy (photo du plateau prise avec le smartphone) ou manuellement avec les repères du plateau. Les deux méthodes fonctionnent bien.
En pratique, la découpe elle-même est propre et précise. Le retrait des pièces découpées demande un peu de patience selon le matériau utilisé — c'est une question de technique autant que d'outil.
Conclusion
L'A2L est une machine qui fait ce qu'on attend d'elle. Le volume d'impression est généreux pour le prix demandé — 379 € pour la machine seule, 489 € avec l'AMS Lite — et les nouveautés hardware (AVC, Granular Dampers, extrudeur PMSM) apportent des améliorations concrètes pour l'impression de grandes pièces sur une architecture bed slinger.
Ce qu'elle fait bien :
- Volume d'impression parmi les plus grands de sa catégorie de prix
- Qualité de surface sur grandes pièces
- Écosystème Bambu Lab complet (AMS, Bambu Studio, MakerWorld)
- Module de découpe/dessin fonctionnel et bien intégré
- Niveau sonore contenu
Ce qu'il faut avoir en tête :
- Plateau limité à 80°C — pas adaptée aux filaments techniques
- Pas de laser possible (format ouvert)
- Alimentation externe nécessaire pour la fonction de séchage de l'AMS 2 Pro
- Pas de caméra BirdsEye pour l'alignement automatique en découpe
Pour les makers qui veulent imprimer grand, en multicouleur, et éventuellement se lancer dans la découpe vinyle ou papier — l'A2L est une option sérieuse à ce prix.
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