Quand Elegoo m'a proposé de tester une nouvelle machine, j'ai d'abord cru à une erreur. J'avais déjà testé la Centauri Carbon 2 quelques mois plus tôt, et je pensais qu'on me proposait simplement de la retester. En réalité, il s'agit d'un tout autre modèle : la Centauri 2, une version à châssis ouvert de la même imprimante, pensée pour les utilisateurs qui n'ont pas besoin d'imprimer des filaments techniques.
Plutôt que de refaire une revue complète - je vous renvoie vers mon test détaillé de la Centauri Carbon 2 si vous voulez tous les détails - je me concentre ici sur les différences réelles entre les deux machines, et sur ce que ça change concrètement à l'usage.
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Une gamme, deux configurations
Elegoo positionne la Centauri 2 comme une alternative moins chère à la Centauri Carbon 2. En châssis ouvert, elle est annoncée à 299 euros. Avec le système multicouleur (le "canevas" à 4 couleurs, l'équivalent d'un AMS), le prix grimpe à 349 euros. Ces tarifs sont à vérifier au moment de la lecture, Elegoo pratiquant régulièrement des promotions qui font bouger les écarts de prix.
Ce système 4 couleurs fonctionne comme un AMS classique : ce n'est pas une tête d'impression avec 4 buses séparées comme on peut le voir chez d'autres constructeurs, mais un module qui achemine les filaments vers une tête unique, avec changement de couleur à la volée.
Pour le reste, la fiche technique est quasiment identique à celle de la Centauri Carbon 2. On retrouve le même système Core XY, une vitesse de déplacement annoncée à 500 mm par seconde, le même volume de construction de 256 mm de côté, le même châssis, la même buse et la même tête d'impression. Le canevas fonctionne exactement de la même manière, avec détection des filaments par puce RFID et le même système de prévention des étranglements. La calibration reste entièrement automatique.
La vraie différence : le caisson
La différence entre les deux machines ne se joue donc pas sur la mécanique ou l'électronique, mais sur l'environnement d'impression. La Centauri 2 en châssis ouvert n'a ni couvercle, ni porte, ni caméra, ni éclairage intégré, ni chambre chauffée activement. Elle se passe donc aussi du système de ventilation qui permet normalement de gérer cette chambre chauffée.
Concrètement, ça veut dire pas de timelapse possible puisqu'il n'y a pas de caméra embarquée, et une capacité réduite à imprimer des filaments techniques qui nécessitent une température de chambre stable et élevée.
L'écart de prix habituel entre les deux versions tourne autour de 100 euros. À ce niveau-là, la question se pose vraiment en fonction de l'usage. Si vous n'imprimez que du PLA, l'écart peut se justifier. Au moment de mon test, une promotion réduisait toutefois cet écart à seulement 40 euros entre les deux machines. Dans ce cas de figure précis, je recommande plutôt de mettre le complément pour la version fermée, qui offre davantage de possibilités si l'envie d'imprimer un filament plus technique se présente un jour.
Un point à garder en tête, dans l'autre sens : une machine complètement fermée demande parfois un entretien plus contraignant qu'une machine ouverte. Si votre usage se limite au PLA et que vous voulez une imprimante multicouleur simple, la version ouverte reste un choix cohérent. Et pour ceux qui n'ont pas besoin du multicolore, la version monocouleur permet d'économiser encore 40 euros supplémentaires.
Une interface et un écran familiers
Pour ceux qui découvrent la gamme, la Centauri 2 reprend l'écran positionné en bas de la machine, avec un angle d'orientation fixe - un choix que je n'apprécie personnellement pas beaucoup, mais qui reste identique à celui de la Centauri Carbon 2.
Le canevas utilise la même puce RFID, pratique si vous utilisez des bobines Elegoo, et le même système d'attache des bobines. Ce système peut poser problème avec certaines marques dont le diamètre intérieur de bobine ne correspond pas, ce qui oblige à utiliser des adaptateurs. C'est un détail à connaître avant l'achat si vous comptez mélanger les marques de filament.
Sur la version 4 couleurs, on retrouve les quatre tubes qui partent du canevas et rejoignent la tête d'impression, un système multicouleur classique dans son fonctionnement. Ce que j'apprécie, c'est la façon dont le canevas gère l'insertion des filaments, qui reste fluide.
Côté logiciel, la machine tourne sous Elegoo Slicer, un fork d'Orca Slicer. Si vous connaissez déjà Orca, vous ne serez pas dépaysé.
Les tests d'impression
Pour illustrer les capacités de la machine, j'ai réalisé deux impressions à partir du même modèle : un timbre représentant le Petit Prince.
La première, en monocouleur, avec du filament orange Elegoo, a nécessité environ 21h45 pour 25 cm de hauteur. L'impression s'est déroulée sans aucune difficulté. Une fois les supports retirés, j'ai peint la pièce avec un rendu volontairement vieilli, dans le cadre d'un test que j'avais mené sur l'outil de génération 3D Meshy, qui avait servi à générer ce modèle.
La seconde impression illustre les capacités multicouleur de la machine, avec un modèle représentant un panda, réalisé par un membre de la communauté que je remercie au passage. Ce modèle n'étant pas libre de droits, je ne peux pas le partager dans la description de la vidéo, mais il reste accessible sur demande via mes canaux habituels.
Cette impression mélange volontairement du monocouleur et du multicouleur, ainsi que des filaments de marques différentes : du vert et du jaune Elegoo, combinés à une couleur chair d'une autre marque. Avec les profils par défaut, sans aucune optimisation de ma part, le résultat fonctionne bien dès le premier essai. Je note tout de même une petite imperfection au niveau de la purge des couleurs, avec un léger résidu noir visible dans la teinte chair, qui aurait pu être corrigé avec un réglage plus fin de la purge.
L'adhérence au plateau est bonne, et le rendu final reste propre, malgré l'absence de caméra pour suivre l'impression en timelapse.
Ce que je retiens de cette version ouverte
Pour le prix demandé, la Centauri 2 en châssis ouvert n'a pas grand-chose à se reprocher. Elle reprend l'essentiel des qualités techniques de la Centauri Carbon 2, avec un compromis assumé sur l'environnement d'impression. Vous ne ferez probablement pas d'erreur en l'achetant si votre usage reste centré sur le PLA.
Cela dit, avec l'écart de prix réduit constaté au moment du test, je continue de recommander la version fermée à ceux qui hésitent encore. Le complément à investir reste raisonnable au regard des possibilités supplémentaires qu'offre la chambre fermée, notamment pour qui voudrait un jour se lancer dans des filaments plus techniques.
Dites-moi dans les commentaires ce que vous en pensez, et n'hésitez pas à consulter mon test complet de la Centauri Carbon 2 pour comparer les deux machines dans le détail.
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