Je reçois régulièrement des accessoires liés à l'impression 3D, et celui dont je parle aujourd'hui est un déshydrateur de filaments signé Elegoo, le H1 HT. Le "HT" signifie haute température, et c'est justement ce qui distingue ce modèle du reste de l'offre. Je vous propose de faire le tour de cet appareil, de son contenu de boîte jusqu'à son interface, pour comprendre à qui il s'adresse réellement.
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Un format inspiré des systèmes multi-bobines
Le H1 HT est un déshydrateur destiné à une seule bobine à la fois. Visuellement, il reprend certains codes des systèmes de gestion de filaments à bobines multiples que l'on trouve chez la concurrence, notamment chez Bambu Lab, mais sous une forme individuelle et autonome. On peut tout à fait l'utiliser avec n'importe quelle marque de filament, il n'est absolument pas limité à l'écosystème Elegoo, même si l'esthétique de l'appareil reprend certains codes visuels des imprimantes de la marque, notamment la Centauri Carbon.
Le prix annoncé est de 70 euros, ce qui reste raisonnable. Pour un usage limité au PLA, d'autres solutions du marché permettent de sécher plusieurs bobines en simultané pour un budget comparable. L'intérêt principal du H1 HT se situe plutôt du côté des filaments techniques, ceux qui demandent une température de séchage plus élevée que le PLA ou le PETG classiques.
Ce que l'on trouve dans la boîte
Le contenu de la boîte est simple mais suffisant. On y trouve un manuel assez succinct, disponible uniquement en anglais, un tube PTFE destiné à raccorder le déshydrateur à une imprimante pour permettre une impression directe depuis la bobine séchée, ainsi que l'appareil lui-même. S'ajoutent un cordon d'alimentation, un petit raccord pour fixer le tube PTFE, et un sachet de silice à placer à l'intérieur pour absorber l'humidité. Un système d'évacuation de l'humidité est également prévu de série.
Elegoo m'a également fourni deux bobines pour l'essai, l'une en PETG CF et l'autre en TPU 95A, deux références qui illustrent bien le type de filament pour lequel cet appareil a été pensé.
Compatible avec la grande majorité des bobines
Au niveau des dimensions, l'appareil a évidemment été conçu autour des bobines de la marque, mais dans la pratique, toutes les références que j'ai pu tester rentrent sans difficulté : du LDO, du Prusa, du Snapmaker et du Bambu Lab s'installent normalement. Les bobines les plus épaisses passent également sans problème. La seule limite concerne les très petites bobines, de type 250 grammes, pour lesquelles l'espacement entre les rouleaux est trop important.
Une rotation pensée pour un séchage homogène
Le plateau du déshydrateur est rotatif. Cette rotation sert d'abord à permettre le déroulement du filament lorsque l'appareil est raccordé à une imprimante via le tube PTFE. Mais elle joue aussi un rôle pendant les phases de séchage seul, sans utilisation immédiate : en faisant tourner la bobine, la chaleur se répartit de façon plus homogène sur l'ensemble du filament. Sur beaucoup de déshydrateurs classiques, seul le côté exposé au flux d'air chaud sèche efficacement, ce qui laisse le reste de la bobine moins bien traité. Cette technologie de rotation se généralise progressivement sur le marché, et c'est une bonne chose qu'elle soit intégrée ici.
À l'arrière de l'appareil se trouvent l'interrupteur marche-arrêt et la prise d'alimentation. Le tube PTFE se raccorde facilement grâce au petit embout fourni, et il est possible d'en connecter plusieurs côte à côte, ou même de superposer plusieurs déshydrateurs. J'en profite pour signaler un projet imprimable en 3D conçu par Julien Mairy (orthographe à vérifier), qui permet justement d'empiler plusieurs unités de façon propre. Le lien vers son design se trouve dans la description de la vidéo associée à cet article.
Une interface reprenant les codes des imprimantes Elegoo
L'écran de l'appareil rappelle clairement l'interface des imprimantes 3D de la marque, avec trois onglets répartis sur le côté : l'écran principal, l'écran des paramètres et celui de l'humidité. Les menus sont uniquement disponibles en anglais et en chinois pour le moment, une mise à jour pourrait éventuellement ajouter d'autres langues plus tard.
Dans les paramètres, on peut activer ou désactiver la rotation pendant le séchage, activer la détection d'ouverture du capot, choisir la langue, l'unité de température, ou encore activer une notification de fin de cycle.
Le taux d'humidité affiché mérite une explication
Le menu principal affiche un taux d'humidité, mais il y a un point important à comprendre : cette valeur correspond à l'humidité mesurée à l'intérieur du caisson, pas à l'humidité réelle du filament lui-même. C'est une confusion assez courante. On peut voir un taux d'humidité qui semble bas après une heure de fonctionnement et en conclure, à tort, que la bobine est parfaitement sèche, alors qu'en réalité seul l'air ambiant du caisson a été asséché, pas le cœur du filament. Je vois régulièrement passer cette remarque, donc il me semblait utile de la préciser clairement.
Concernant la température, l'appareil peut être réglé manuellement, aussi bien pour la valeur que pour la durée, ou via des préréglages associés à différents types de filaments. Pour de l'ASA par exemple, le préréglage propose 80 degrés pendant 8 heures. Pour du TPU, c'est 70 degrés pendant 8 heures. Pour du PLA, la proposition est de 55 degrés pendant 8 heures. L'appareil monte jusqu'à 85 degrés maximum, ce qui permet de couvrir une large partie des filaments techniques courants comme l'ABS, le PA ou l'ASA. D'autres déshydrateurs sur le marché montent plus haut en température, mais leur prix grimpe également de façon notable.
Pour qui ce déshydrateur a-t-il vraiment du sens
Si votre usage se limite au PLA, il existe probablement des alternatives plus adaptées, capables de sécher plusieurs bobines en même temps pour un budget équivalent ou légèrement supérieur. En revanche, si vous travaillez régulièrement avec des filaments techniques, le H1 HT trouve sa place, notamment sur une configuration multi-extrudeurs où l'on souhaite dédier une tête à un matériau technique et garder les autres pour du PLA classique. Dans ce contexte, disposer d'un déshydrateur compact et abordable, capable de monter à 85 degrés avec une rotation homogène, représente une solution pertinente.
Je n'ai testé cet appareil qu'avec une Centauri ouverte, ce qui, à mon sens, réduit une partie de son intérêt puisque le raccordement direct via PTFE prend tout son sens sur une machine à caisson fermé. Il reste néanmoins parfaitement fonctionnel comme déshydrateur autonome, indépendamment de la machine utilisée.
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