Qidi est une marque que j'apprécie depuis longtemps. Elle propose des machines qualitatives, à l'écosystème logiciel ouvert, avec d'excellentes performances sur les filaments techniques, le tout pour un prix qui reste généralement très contenu. La question qui se pose avec cette Plus 5, c'est de savoir si elle constitue une réelle avancée par rapport à la Plus 4, ou si elle n'en est qu'une version légèrement retouchée.
PS : J'ai reçu la nouvelle Qidi Plus 5 avant même son annonce officielle, ce qui veut dire que je n'ai pas encore de prix définitif à vous communiquer au moment où j'écris ces lignes. D'après les informations dont je dispose, elle devrait se positionner aux alentours de 750 dollars ou euros, un tarif très proche de celui de la Plus 4 qu'elle remplace. Je vous invite à vérifier ce prix en description de la vidéo associée, où vous trouverez également mon lien affilié si la machine vous intéresse.
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Ce qui change par rapport à la Plus 4
Le changement le plus visible concerne le volume d'impression, qui passe de 305 x 305 x 280 mm à 320 x 320 x 300 mm. Sur le papier, la différence peut sembler anecdotique, mais dans la pratique, elle change la donne pour des pièces qui arrivaient tout juste à la limite sur l'ancienne génération. Je peux en témoigner avec mes plaques de base Gridfinity, que je peux désormais imprimer d'un seul tenant là où je devais auparavant les couper et ajouter des connecteurs.
La partie mécanique a également été revue, avec des courroies 1,5 GT sur mesure plus denses, censées réduire les stries visibles sur les parois verticales, ainsi que des rails linéaires sur l'axe X mis à jour pour plus de stabilité dans la durée. Côté détection de la première couche, Qidi annonce un système où la buse elle-même sert de capteur, sans offset à calculer, un principe proche de ce qu'on trouve chez Prusa et qui donne en général de très bons résultats.
Au niveau thermique, la chambre grimpe toujours jusqu'à 65 degrés comme sur la Plus 4, et la buse reste plafonnée à 370 degrés avec un débit annoncé jusqu'à 40 mm3 par seconde. Rien de nouveau donc de ce côté, si ce n'est un système de refroidissement actif de la tête d'impression, un peu comme une petite climatisation dédiée à l'extrudeur, censé limiter le heat creep et les bourrages sur les longues sessions. On retrouve aussi une filtration trois couches annoncée à 99,5 % de particules, un contrôle de température multicapteur en boucle fermée et une chambre en matériau ignifuge.
Enfin, Qidi lance sa propre plateforme de modèles baptisée Qidi Maker, avec accès web et application mobile. C'est une première pour la marque, qui entre ainsi dans une course où elle était jusqu'ici restée en retrait par rapport à des acteurs comme Maker World ou Printables.
Prise en main et interface
D'un point de vue esthétique, la Plus 5 reprend presque à l'identique le design de la Plus 4, dans un gris anthracite sombre plutôt réussi. L'écran est placé sur le dessus et orientable, ce que je trouve nettement plus pratique que les écrans placés en dessous, souvent fixes. Le capot supérieur profite du même système d'arête permettant de le bloquer entrouvert pour laisser circuler l'air lors de l'impression de PLA ou de PETG, sans devoir le retirer complètement.
Je note l'absence persistante d'un système de buse à changement rapide, il faudra donc toujours dévisser la buse pour la remplacer. La clé USB est positionnée à l'avant droit, ce que j'apprécie, et l'arrière accueille un port RJ45 ainsi que le bouton marche-arrêt, que j'aurais personnellement préféré sur le côté. Le démarrage prend environ 34 secondes, ce qui n'est pas instantané sans être pénalisant.
L'interface reste dans la lignée de ce que propose Qidi habituellement : claire et fluide, sans être une interface Klipper à proprement parler, même si la machine reste accessible via Klipper pour ceux qui veulent aller plus loin, notamment pour utiliser des macros. Les boutons principaux sont assez gros pour être utilisés facilement, même si les sous-menus restent un peu petits à mon goût. La machine embarque aussi des outils de détection par intelligence artificielle, pour repérer les spaghettis ou les objets étrangers sur le plateau, que j'ai tendance à désactiver personnellement, les trouvant sujets à trop de faux positifs.
Le comportement à l'impression
Après une première impression de test bien maîtrisée, j'ai enchaîné avec du PLA, du PETG, du TPU 95A, puis suis monté en gamme avec des filaments plus techniques. Le PA12CF, l'un de mes filaments favoris, s'est imprimé sans aucune difficulté pour réaliser un support de trottinette destiné à rester à l'extérieur. Le PC ABS a également donné un bon résultat, avec un très léger défaut de surface probablement lié à l'absence de calibration spécifique du filament.
Le PA6GF25, un nylon chargé en fibre de verre, s'est montré un peu plus capricieux sans calibration, avec une surface supérieure moins nette. Rien d'alarmant néanmoins pour un filament réputé exigeant. J'ai aussi testé deux nouveautés fournies par Qidi : un ASA renforcé en fibre de carbone, l'ASA CF20 Core, qui s'est imprimé comme s'il s'agissait de PLA, et un TPU chargé en fibre de verre, particulièrement robuste. Enfin, le PA66 s'est imprimé sans aucun warping, avec l'aide d'un adhésif Magigoo pour plus de sécurité.
Au niveau du bruit, j'ai mesuré environ 50 décibels à un mètre de distance. La chauffe du plateau se montre uniforme, et la chambre atteint 60 degrés en moins d'un quart d'heure, ce qui est rapide comparé à des machines sans chauffe active de la chambre.
Faut-il craquer pour cette Plus 5
Si vous possédez déjà une Plus 4, ma réponse honnête est non. Il ne s'agit pas d'une machine révolutionnaire, mais d'une évolution mesurée qui corrige quelques petits inconvénients de la génération précédente : un volume d'impression plus confortable et une gestion thermique légèrement améliorée. Rien qui justifie un remplacement.
En revanche, pour quelqu'un qui n'est pas encore équipé et qui cherche une machine fermée, fiable, capable de monter à 370 degrés en buse et autour de 120 degrés en plateau, avec une chambre activement chauffée, le tout à un prix qui reste très correct, la Plus 5 coche beaucoup de cases. Un point qui compte à mes yeux : contrairement à des écosystèmes plus fermés, on peut utiliser cette machine sans dépendre d'un cloud et sans perdre de fonctionnalités, une liberté que j'estime précieuse, notamment après avoir vécu des interruptions de service chez d'autres marques.
Je précise aussi que je n'ai pas testé ici la version avec la QidiBOX pour le multicouleur, et que mon avis reste plus mitigé sur cette option, que je considère davantage comme une fonction auxiliaire que comme un argument d'achat central. Si vous imprimez surtout du PLA, une machine plus abordable, y compris chez Qidi avec la Q2, suffira largement.
Vous pouvez retrouver la vidéo complète et d'autres essais de machines sur ma chaîne YouTube, https://www.youtube.com/@technapa, ainsi que sur ma page Facebook, https://www.facebook.com/tvbever81
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